LES PROJETS DU CREAT



TABLE DES MATIÈRES :

Les projets pilotes

Description des projets pilotes

1. Projet du lac et de la rivière Cameron
2. Projet de la plage publique de Saint-Bruno-de-Guigues
3. Projet du ruisseau Ranou à Ville-Marie
4. Projets de la ferme Drochers
5. Projet de la ferme Valjack
6. Projet de la ferme Temistar


Suivi des aménagements réalisés

A. Plantation d'arbres et d'arbustes sur les rives
B. Implantation des haires brise-vent en milieu agricole
C. Implantation de haies d'arbustes en milieu agricole
D. Génie végétal

Les projets pilotes

La réalisation de projets pilotes de renaturalisation des rives visait non seulement à améliorer la qualité de l'eau, mais aussi à servir de vitrines éducatives pour la population et les organismes de la région. On y a fait la démonstration de techniques de génie végétal telles que les fagots, fascines, matelas de branches, bouturage ainsi que la plantation d'arbres et d'arbustes indigènes. Une trentaine d'espèces d'arbres et d'arbustes adaptées au climat local ont été utilisées dans le but de déterminer les plus performantes d'entre elles dans le cadre de projets de restauration de berges.


Affiche de sensibilisation sur la protection des berges placée sur un site aménagé

Dans l'entente initiale avec Environnement Canada, une surface totale de 18 000 mètres carrés (3 600 m de long par 5 m de large) devait être révégétalisée sur les berges des lacs et des cours d'eau du Témiscamingue par la mise en terre de 18 000 végétaux. Grâce à l'implication de plusieurs partenaires régionaux, à la contribution des propriétaires et/ou municipalités et à la participation de nombreux bénévoles, c'est plus de 40 000 mètres carrés de berge (sur une longueur de 4 500 mètres) qui ont été révégétalisés par la plantation de 25 000 végétaux répartis sur 6 projets.



Description des projets pilotes

1. Projet du lac et de la rivière Cameron

Site avant les aménagements

a) Rivière Cameron

Problématique
Une section de la rivière Cameron située dans le village de Saint-Eugène-de-Guigues subissait une érosion importante de ses berges tandis que d'autres portions des rives de la rivière étaient stables, mais dépourvues de végétation arbustive et arborescente.

Aménagements réalisés

Site 3 mois après les aménagements

  • Stabilisation des talus érodés à l'aide de techniques de génie végétal. En premier lieu, un fagot de branches de saule arbustif a été installé à la base du talus sous la limite des hautes eaux. Au-dessus de ce fagot sur la pente du talus, un matelas de branches de saules fut réalisé sur une hauteur variant de 1 à 2,5 m selon l'importance de l'érosion. Ces deux structures furent recouvertes d'une toile de fibres de coco. Aucune intervention de machinerie n'a été nécessaire.
  • Semis des zones travaillées en génie végétal.

Conception du matelas de branches
(Pose de la toile de coco)

  • Plantation de boutures de saule arbustif et de cornouiller stolonifère à tous les mètres sur le haut et les pentes des talus.
  • Plantation d'arbres et d'arbustes sur le replat des talus sur une distance de 15 à 35 m de largeur.
  • Installation d'une affiche de sensibilisation sur la protection des berges.








b) Lac Cameron

Problématique
Les berges sur les terrains du camping Le P'tit Paradis, le groupe IMAGE et d'un chalet privé étaient composées essentiellement d'herbes coupées. Quelques secteurs subissaient une érosion plus importante, mais dans l'ensemble les berges étaient assez stables. Les zones plus fragiles furent stabilisées à l'aide de boutures de saules et les zones stables furent revégétalisées avec des arbres et des arbustes. Une attention particulière a été portée afin de garder des arbustes de faible taille qui joueront leurs rôles pour protéger la qualité du lac tout en maintenant la vue sur ce dernier.

Aménagements réalisés

  • Plantation de boutures de saule arbustif à tous les 50 cm dans les talus instables de sable.
  • Plantation d'arbres et d'arbustes sur une superficie totale de berge de 1391 m2.
  • Installation d'une affiche de sensibilisation sur la protection des berges au camping Le P'tit Paradis

* Les propriétaires se sont engagés à cesser de tondre le gazon en bordure du lac

Site avant les travaux
(camping Le P'tit paradis)

Sites 3 mois après les travaux

Plantation des berges du chalet



2. Projet de la plage publique de Saint-Bruno-de-Guigues

Problématique
Ce parc public de la municipalité de Saint-Bruno-de-Guigues est fortement fréquenté par des campeurs et des plaisanciers. En plus de la plage, ce parc a également un quai public. Il y a une vingtaine d'années, la berge avait été stabilisée par des gabions de pierres, mais ces derniers s'étaient dégradés à plusieurs endroits. De plus, dans certains secteurs, le sol s'érodait au-dessus des gabions. Finalement, l'herbe était régulièrement coupée à proximité du cours d'eau.

Aménagements réalisés

  • Plantation d'arbres et d'arbustes sur une largeur de 10 mètres.
  • Réparation de gabions de pierres (fait par la municipalité).
  • Plantation de vignes vierges pour couvrir les gabions de pierres.
  • Aménagement d'une clôture basse pour délimiter la berge.
  • Installation d'une affiche de sensibilisation sur la protection des berges.

Site avant les aménagements

Site après les aménagements

L'équipe de travail et un groupe de bénévoles



3. Projet du ruisseau Ranou à Ville-Marie

Problématique
Ce ruisseau subissait une érosion importante de ses berges à plusieurs endroits. Il y a quelques années, un enrochement avait été réalisé sur un tronçon du ruisseau. Par contre, il était dégradé et inefficace. Le ruisseau est également obstrué par un barrage de castor qui forme un étang au potentiel très intéressant pour la faune. L'objectif des aménagements était donc de stabiliser les berges dégradées tout en maximisant le potentiel faunique du secteur.

Aménagements réalisés

  • Stabilisation du talus érodé à l'aide de techniques de génie végétal. En premier lieu, un fagot de branches de saule arbustif a été installé à la base du talus sous la limite des hautes eaux. Au-dessus de ce fagot, sur la pente du talus, un matelas de branches de saule arbustif fut réalisé sur une hauteur de 2,5 m. Ces deux structures furent recouvertes d'une toile de fibres de coco. Aucune intervention de machinerie n'a été nécessaire pour le génie végétal.
  • Enrochement des zones fortement érodées (réalisé par la municipalité).
  • Semis dans les zones travaillées en génie végétal et en enrochement.
  • Plantation de boutures de saule arbustif et de cornouiller stolonifère à tous les mètres sur le haut et les pentes des talus.
  • Plantation d'arbres et d'arbustes sur une largeur de 10 à 25 m.
  • Plantation de conifères dans les zones d'alimentation du castor.
  • Installation d'une affiche de sensibilisation sur la protection des berges.

Site d'érosion avant les aménagements

Portion du ruisseau enroché par la municipalité avant les travaux de génie végétal

Repousses de saule issues d'un matelas de branches 3 mois après les travaux



4. Projets de la ferme Drochers

a) Lac Témiscamingue avec des interventions mécaniques

Problématique
Ce site sur le bord du lac Témiscamingue subissait une forte érosion avec plusieurs décrochements de talus. Près de 30 à 60 cm de sol étaient perdus tous les ans. Cette érosion est typique sur les berges des grands réservoirs hydroélectriques de la région et l'enrochement est la technique habituelle pour régler la situation. Par contre, l'enrochement est dispendieux à environ 100 $ le mètre linéaire et la pierre est souvent peu disponible. De plus, cette technique artificialise la rive, la rendant moins propice à la présence de la faune.

L'objectif était donc de tester des techniques alternatives à l'enrochement qui seraient moins dispendieuses et qui donneraient une plus-value à l'environnement du lac. Ces nouvelles techniques alliaient le génie végétal et les travaux mécaniques. Elles s'inspiraient des expériences d'autres travaux au Québec, en Europe et aux États-Unis, mais ont été adaptées aux problématiques de la région (type de sol, relief, marnage, matériaux disponibles, etc.). Une attention particulière a été portée dans le but d'utiliser des matériaux locaux faciles à se procurer.

Aménagements réalisés

  • Reprofilage de la pente.
  • Installation d'un brise-vague en billots de pruche à la base du talus.
  • Utilisation de la technique des rangs de plançons de branches de saule arbustif au-dessus du brise-vague.
  • Au-dessus de ce rang de plançons, sur la pente du talus, un matelas de branches de saule fut réalisé sur une hauteur de 2,5 m. Le matelas fut recouvert d'une toile de fibres de coco.
  • Plantation de boutures de saule arbustif et de cornouiller stolonifère à densité variable (entre 30 cm et 2 m entre les boutures).
  • Une voie d'eau engazonnée fut aménagée sur le haut du talus afin de capter les eaux de surface en provenance des champs qui auraient pu apporter une érosion du talus. Un drain agricole fut installé à 1,2 m sous la voie d'eau engazonnée afin de limiter la charge en eaux sur le haut du talus. Les eaux de la voie d'eau engazonnée et du drain furent canalisées au lac par une sortie enrochée.
  • Ces aménagements ont été réalisés par le producteur avec l'aide financière du MAPAQ.
  • Plantation d'arbustes sur toute la pente retravaillée.
  • Semis des zones travaillées.

Site avant les aménagements

Site 3 mois après les aménagements

Installation du matelas de branches et de la toile de coco

Installation du brise-vague et reprofilage du talus

Fixation de la toile avec des pieux et de la broche


b) Lac Témiscamingue sans intervention mécanique

Problématique
Cette section de berge, voisine du secteur retravaillé mécaniquement, subissait moins d'érosion. Elle est protégée des vents et des vagues par une bande de terre au sud. L'accumulation de bois mort à la base de son talus protège également la berge. Toutefois, plusieurs secteurs de décrochement et d'érosion sévère étaient présents.

Aménagements réalisés

  • Stabilisation du talus érodé à l'aide de techniques de génie végétal. Nous avons disposé dans les secteurs érodés des fagots de branches de saule à des intervalles réguliers. Contrairement au site voisin travaillé mécaniquement, nous n'avons pas utilisé de toile de coco.
  • Semis des zones travaillées en génie végétal.
  • Plantation de boutures de saule arbustif et de cornouiller stolonifère à densité variable (entre 30 cm et 1,5 m entre les boutures).
  • Plantation d'arbustes sur toute la pente du talus.
  • Continuité de la voie d'eau engazonnée et du drain au-dessus du talus.

Site avant les aménagements

Mise en place d'un fagot de branches
(avant d'enfoncer les pieux)

Reprise des fagots de branches, des boutures et du semis 3 mois après les travaux


c) Rivière Lavallée

Problématique
Dans cette portion de rivière qui se jette dans le lac Témiscamingue, les animaux avaient accès au cours d'eau. Le piétinement et le broutement limitaient le développement de la végétation sur la rive et plusieurs secteurs subissaient de l'érosion. Les fortes pentes et les sols argileux accentuaient le problème. L'écoulement des eaux de surface en provenance des champs avoisinants contribuait aussi à la dégradation de la berge.

Aménagements réalisés

  • Plantation de boutures de saule arbustif et de cornouiller stolonifère à densité variable.
  • Plantation d'arbres et d'arbustes.
  • Installation d'une clôture pour limiter l'accès du bétail à la rivière.
  • Installation prévue d'une station d'abreuvement pour le bétail grâce à une aide financière de la MAPAQ
  • Enrochement des pentes fortes par le propriétaire avec l'aide financière du MAPAQ

Piétinement de la berge par les animaux avant les aménagements

Reprise de la végétation riveraine 3 mois après le retrait des animaux



5. Projet de la ferme Valjack

Problématique
Les talus fragiles de ce cours d'eau agricole s'érodaient régulièrement. Composé de terre noire, une quantité importante du sol était emportée chaque année par les eaux de ruissellement et par les vents. En plus d'occasionner une pollution au cours d'eau, cette perte de sol entraînait des baisses de rendement des cultures maraîchères du propriétaire.

L'objectif premier des aménagements était donc de revégétaliser les bordures de ce cours d'eau pour stabiliser le sol et limiter l'apport de polluants à ce dernier (sédiments, fertilisants, herbicides et pesticides). L'objectif complémentaire était de réaliser des aménagements sur les berges qui auraient, en plus des gains environnementaux, des bénéfices à moyen et à long terme pour le producteur.

Aménagements réalisés

  • Plantation d'une haie brise-vent d'arbres sur un côté du cours d'eau.
  • Plantation d'une haie arbustive fruitière sur l'autre côté.
  • Plantation de boutures de cornouiller stolonifère sur le haut et les pentes des talus selon la densité de la végétation présente.
  • Retrait des sédiments accumulés dans le cours d'eau (réalisé par le propriétaire).
  • Plantation d'arbustes sur le haut et les pentes des talus selon la densité de la végétation.

Site avant les aménagements

Site 3 mois après les aménagements


Installation du plastique de la haie brise-vent



6. Projet de la ferme Temistar

Problématique
Les berges de 3 cours d'eau sur les terres de la ferme étaient cultivées jusqu'à la limite du talus et, souvent, à moins de 1 mètre du cours d'eau. Par endroits, la bande riveraine était presque inexistante. Les berges de ces cours d'eau montraient des signes d'érosion et une grande quantité de sédiments se retrouvait dans le cours d'eau chaque année. Ces berges ont donc été revégétalisées afin de respecter au minimum la réglementation existante. Comme pour la ferme Valjack, l'objectif était de réaliser des aménagements qui auraient, en plus des bénéfices environnementaux, des gains monétaires à long terme pour le producteur.

Aménagements réalisés

  • Plantation de haies brise-vent d'arbres.
  • Plantation de haies arbustives.
  • Plantation de boutures de saules et de cornouiller stolonifère sur le haut et les pentes des talus selon la densité de la végétation présente.
  • Installation de seuils de saule arbustif pour ralentir le débit

Site avant les aménagements

Site 3 mois après les aménagements

Reprise des seuils en pieux de saules



SUIVI DES AMÉNAGEMENTS RÉALISÉS

En 2011, l'Organisme de bassin versant du Témiscamingue (OBVT) a obtenu une subvention des Fonds pour les dommages environnementaux pour la réalisation d'un autre projet de restauration des berges intitulé : Unis pour la protection des berges du bassin versant. Ce nouveau projet a apporté les fonds nécessaires afin de réaliser le suivi des projets pilotes du CREAT. Ce suivi, réalisé par l'OBVT 3 ans après les travaux, permet d'améliorer l'expertise régionale en matière de restauration des berges et d'appliquer ces nouvelles connaissances aux projets futurs.

A. PLANTATION D'ARBRES ET D'ARBUSTES SUR LES RIVES

De manière générale, la plantation d'arbres et d'arbustes sur les rives des lacs et cours d'eau a été très efficace avec un excellent taux de survie pour plusieurs espèces. En tout, 9 espèces d'arbres et 20 espèces d'arbustes ont été mises à l'essai. Les arbres qui ont eu le plus de succès sont le frêne de Pennsylvanie, le sorbier, le thuya occidental et l'épinette blanche. Les espèces arbustives qui ont le mieux performé (survie, croissance, capacité à compétitionner avec les herbacées en place) sont les suivantes :

Rosier rugueux 3 ans après la plantation (ferme Témistar)

  • Aronie noire (Aronia melanocarpa)
  • Cornouiller stolonifère (Cornus stolonifera)
  • Physocarpe à feuilles d'obier (Physocarpus opulifolius)
  • Rosier inerme (Rosa blanda)
  • Rosier rugueux (Rosa Rugosa)
  • Spirée à larges feuilles (Spiraea latifolia)
  • Sumac aromatique (Rhus aromatica)
  • Sumac vinaigrier (Rhus typhina)
  • Symphorine blanche (Symphoricarpos albus)
  • Viorne flexible (Viburnum lentago)
  • Viorne trilobé (Viburnum trilobum)


B. IMPLANTATION DE HAIES BRISE-VENT EN MILIEU AGRICOLE

L'implantation de haies brise-vent sur plastique a été un succès avec la plantation de mélèzes et de frênes de Pennsylvanie au 3 mètres dans un ratio 2:1. Le taux de mortalité moyen mesuré est de 11 % pour le mélèze et de 14 % pour le frêne de Pennsylvanie ce qui se rapproche grandement des valeurs mentionnées dans la littérature. Sur certains sites, la mortalité des frênes semblait liée à des problèmes d'insectes.

Haie brise-vent 3 ans après la plantation (ferme Témistar)



C. IMPLANTATION DE HAIES D'ARBUSTES EN MILIEU AGRICOLE

L'Implantation de haies arbustives sur les rives de cours d'eau en milieu agricole a permis non seulement de protéger et conserver une bande riveraine suffisante, mais ces aménagements sont également très bénéfiques pour la faune qui y trouve couvert et nourriture. Quelques éléments découlent du suivi réalisé :

  • Les arbustes plantés sur un plastique ont eu une croissance supérieure à ceux plantés en utilisant seulement un paillis de copeaux de bois. Par contre, les coûts d'une haie d'arbustes sur plastique sont plus élevés.
  • Dans le cas où les arbustes ne sont pas plantés sur un plastique, il faut opter pour des espèces arbustives telles le rosier, l'aronie noire et le physocarpe à feuilles d'obiers qui ont une croissance rapide et capables de compétitionner contre la végétation herbacée naturelle. Nos tests ont démontré que ces espèces ont un taux de croissance similaire qu'elles soient plantées sur un plastique individuel, sur un paillis de copeaux de bois ou sans paillis ni plastique.
  • Il est important de bien délimiter la haie par des piquets visibles pour éviter qu'elle ne soit endommagée par la machinerie agricole.

Potentille frutescente plantée sur un plastique 3 ans après la plantation (ferme Témistar)

Spirée à feuilles larges plantée sur un plastique, 3 ans après la plantation (ferme Témistar)

Potentille frutescente plantée sans plastique, 3 ans après la plantation (ferme Témistar)

Spirée à feuilles larges plantée sans plastique, 3 ans après la plantation (ferme Témistar)



D. GÉNIE VÉGÉTAL

Plusieurs techniques de génie végétal utilisées lors des travaux de restauration de 2009 ont fonctionné pour ralentir ou arrêter l'érosion des berges. La toile de fibres de coco installée dans des pentes dénudées et moyennement dénivelées a permis une bonne reprise de la végétation naturelle herbacée et des semences ajoutées.

Stabilisation d'une pente dénudée par l'installation d'une toile de fibres de coco et l'ajout de semis, 3 ans après les travaux (rivière Cameron).

Les semis se sont d'ailleurs avérés très efficaces pour une colonisation et une stabilisation rapide des terrains retravaillés mécaniquement. Le mélange de semis utilisé était composé de :

  • 20% Raygrass annuel
  • 50% Fétuque rouge traçante
  • 10% Trèfle ladino, avec inoculant
  • 20% Agrostide blanche

De manière générale, les boutures de cornouiller ont très bien repris, et ce, même sur des sols très perturbés et à des endroits plus secs comme le haut des pentes et les replats de talus.

Semis dans une pente reprofilée mécaniquement, 3 ans après les travaux (ferme Drochers)

Bouture de cornouiller 3 ans après la plantation (ferme Valjack)

Le saule, utilisé en boutures, en fagots et en lits de branches, a été efficace, mais seulement en bordure immédiate de l'eau. Les composantes de saules installées à plus de 1,5 m de l'eau n'ont pas survécu, et ce, probablement à cause des périodes de sécheresse qui ont eu lieu au cours des trois années suivant la plantation. Les boutures ont été enfoncées dans le sol selon un rapport 2/3 (2/3 de la bouture dans le sol et 1/3 de la bouture sortant du sol). Dans les prochains travaux de restauration, un rapport de 4/5 sera expérimenté dans le but de diminuer l'exposition des boutures à l'air et donc, de diminuer les mortalités par sécheresse.

Reprise des boutures de saules et des lits de branche en bordure du lac Témiscamingue et mortalité des boutures de saule en milieu de pente 3 ans après les aménagements (ferme Drochers)

Les projets pilotes ont également permis de faire ressortir certaines limites du génie végétal. Premièrement, la reprise des végétaux dans certaines pentes fortes érodées a été faible ce qui démontre que dans des pentes trop abruptes, des travaux mécaniques de reprofilage doivent être effectués avant les techniques de génie végétal.

D'autre part, lorsque les forces d'érosions sont trop intenses, le génie végétal peut avoir une efficacité limitée pour protéger les berges. Ce fut le cas en bordure du lac Témsicamingue sur la propriété de la ferme Drochers où un énorme billot de pruche a été fixé en bas de berge pour briser l'action des vagues et des rangs de plançons de branches de saules ont été installés au-dessus de cette structure. Les aménagements ont très bien résisté à l'action des vagues pour les deux premières années, mais à la troisième année des signes d'érosion et de déstabilisation ont été observés.

Faible reprise des végétaux dans une pente forte érodée 3 ans après les travaux de génie végétal (ruisseau Ranou, Ville-Marie). La toile de fibres de coco n'a pas pu retenir les semis sous l'action des pluies.

Aménagements en bordure du lac Témiscamingue 3 ans après leur réalisation (ferme Drochers).

Le lac Témiscamingue est un réservoir hydroélectrique fortement affecté par les variations du niveau de l'eau (marnage) et sa grande dimension l'expose aux vents. Le niveau élevé du lac jumelé à l'action des vagues entraînent des problèmes très importants d'érosion des berges. Il s'avère donc nécessaire de poursuivre la recherche pour développer des techniques adaptées à cette réalité. L'enrochement reste probablement la solution à préconiser dans les secteurs fortement érodés. Toutefois, le génie végétal peut être une solution envisageable pour les zones où les forces érosives sont moins importantes. Pour tenter d'atténuer le côté artificiel de l'enrochement, des essais seront réalisés par l'OBVT en 2012 pour végétaliser ces structures présentes sur les berges de grands réservoirs comme le lac Témiscamingue.